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ATELIER D'ARTISTE - FRÉDÉRIQUE LUCIEN

Programme / Typologie : Atelier d’artiste
Commanditaire : Mme Frédérique Lucien

Organisateur : N.C.

Type de commande : Privée
Partenaires : N.C.

Type de mission : Étude
Situation / Lieu : Camaret-sur-Mer
Budget : N.C.
Surface : 88,1 m2 (SHAB)
Date : 2019

Projet de réhabilitation et de refonte complète d’un ancien bâtiment en pierre servant de garage et d’une autre partie de bâtiment en ruine. L’objet du projet aura été d’offrir un espace contemporain, fonctionnel dédié à un atelier d’artiste, tout en valorisant en partie extérieure les aspects patrimoniaux.

 

Description et parti pris

 

Démarche architecturale et ses partis pris pour la réalisation de ce projet.

 

Chaque lieu, chaque contexte exige une démarche personnalisée, dans un souci de parfaitement penser et dessiner un projet d’architecture, mais aussi de bien faire attention aux différentes attentes de la Maitrise d’Ouvrage et d’une culture locale donnée.

Ce texte est une synthèse qui expose la démarche intellectuelle et les visions de l’architecte pour mettre en évidence les principales directions et contraintes qu’il a développées et cherchées à résoudre dans ce projet architectural.

 

 

Enjeux,

 

Faire de l’architecture c’est savoir faire avec le lieu et ses particularités. Il existe de nombreuses formes de patrimoines, certains lieux sont le patrimoine de demain tandis que d’autres sont le patrimoine d’aujourd’hui. Dans les lieux qui sont le patrimoine d’aujourd’hui, il est primordial de savoir apporter une attention toute particulière à la trace du temps qui passe, dans ces lieux qui sont devenus mémoire du passé et poésie spatiale du présent. Quand on intervient dans de tels lieux l’importance, des formes, des compositions, des savoir-faire, doivent être mis en avant, de la meilleure des façons. Il est très important d’arriver à bien intégrer une nouvelle construction, en sachant ne pas dénoter et en ayant l’intelligence d’exister sans faire de l’ombre au contexte existant.

 

 

Le lieu,

 

Camaret-sur-Mer, Kameled en breton, est un lieu très riche en patrimoine architecturale, qui date principalement du 17e au 19e siècle. Le lieu est pourtant plus anciennement habité, depuis le mésolithique avec par exemple l’alignement mégalithique de pierres levées du Lagatjar datant du Néolithique.

La Bretagne dans son ensemble est une région riche en patrimoine. Y faire de l’architecture cela veut dire savoir-faire du régionalisme, tant dans un intérêt climatique, que dans un intérêt culturel. Lors de ma venue en juillet 2018 à Camaret-sur-Mer, j’ai pu me rendre compte des enjeux et de la force culturelle, quasiment spirituelle, d’un tel lieu. Par exemple, la forte présence de la pierre, une pierre granitique très grise mais avec des touches de rose et de jaune, la mise en valeur de nombreuses toitures d’ardoises imposantes avec des pans très présents dans l’élévation des façades, des ouvertures verticales et des profils de rue qui me semblait homogène dans leurs échelles, m'ont beaucoup appris sur ce qu’était ce lieu.

La grande présence de la minéralité dans la ville est à prendre en compte. L’importance dans l’architectonique de la place de la toiture est aussi une donnée à considérer. Le paysage proche de la rue ou encore la manière dans le parcours de la ville où on découvre ce nouveau projet est une chose à ne pas négliger.

 

Le projet dans son contexte,

 

Le bâtiment existant est une ancienne grange faite de pierres, seule sur sa propre parcelle cadastrale, avec un sol en terre battu. Elle est dans un état moyen. Sa toiture en tôle ondulée, est en assez mauvais état. Ses fondations sont incertaines mais surement peu profondes. Ses ouvertures étroites et de petites dimensions. Une seule ouverture dans un des angles de cette ancienne bâtisse de pierre a été créée, cela a fait suite à une intervention de démolition partielle qui aura permis l’élargissement de la voie publique. Nous n’avons pas la date de cette intervention même si elle semble clairement datée de plus de 10 ans. Cette ouverture est faite d’un cadre en béton brut assez proprement coffré mais qui dénote avec le reste du bâtiment. L’intérêt de réhabiliter ce bâtiment ancien est primordial dans un souci de le préserver, car avec le temps l’édifice semble se dégrader lentement mais surement.

 

Faire un projet d‘architecture c’est aussi donner du caractère à un programme et à un bâtiment, c’est savoir lui donner une différence qui le personnalisera pour être en adéquation avec le caractère et les attentes particulières de la Maitrise d’Ouvrage. Il y a là un paradoxe, entre faire attention au contexte bâti historique et culturel et avoir un projet architectural qui sache s’affirmer et avoir une personnalité.

Pour faire une synthèse de toutes ces problématiques et de toutes ces contraintes, il faut trouver des solutions techniques et spatiales qui trouvent un équilibre entre toutes ses contraintes.

 

Le projet consiste en une surélévation et en une extension latérale du bâtiment existant. Un patio en pleine terre est créé pour fabriquer un espace intérieur à la parcelle, comme une pièce en plein air, une intériorité faite d’extérieur. 

 

Les choix pour répondre aux différentes contraintes auront été les suivants :

 

- Le choix d’une ossature bois, permettra de ne pas alourdir le bâtiment et donc de ne pas faire porter aux murs anciens, fait de pierre et aux fondations légères, de prendre des charges qu’ils ne seraient pas capables de supporter.

 

- Le fait de mettre du béton sous forme d’un radier (armé) au niveau du sol avec des possibles reprises en sous-œuvre pour tout de même conforter le peu de fondations existantes. Le choix sera fait en fonction de l’étude géotechnique des sols et des sondages réalisés.

 

- Le fait de mettre en place des renforcements en béton coulé avec une couche d’isolant thermique en partie intérieure des murs de pierre permettra de descendre les charges plus aisément sur de bonnes fondations, tout en apportant un mariage entre, une contemporanéité formelle et minérale des espaces intérieurs, avec, des murs appareillés de pierres locales en partie extérieure. 

 

- Le choix du bardage bois fait de bois brulé avec la technique du bois brulé du « Shou-sugi-ban », mais traité mécaniquement pour qu’il ait un aspect grisé, apportera une bonne capacité de résistance aux conditions climatiques locales et un aspect gris qui se mariera parfaitement avec les pierres granitiques en partie basse de l’existant et des autres bâtiments du contexte. Toutefois, cette technique apporte aussi au bâtiment, qui se différencie programmatiquement de son contexte en étant un atelier d’artiste, un caractère qui lui sera propre. Il lui donnera aussi une personnalité propre tout en ne dénaturant pas le lieu.

 

- Le choix de deux toitures à deux pans chacune, recouverte d’ardoises naturelles avec des pans à 39 degrés, permettra aussi d’intégrer pleinement le projet dans son contexte tout en offrant une bonne résistance aux intempéries. Les toitures seront parfaitement dessinées en accord les élévations de ses façades. Les deux toitures avec leurs ardoises naturelles permettront de bien mettre en valeur l’extension créée de la partie patrimoniale en pierre.

 

- Les gouttières avec de faibles débords seront en coupe carrée et en Zinc naturel. Dans la mesure du possible des descentes d’eau pluviale seront cachées ou intégrées à la construction, là où il n’est pas possible de faire autrement elles seront montrées avec des descentes rondes en zinc naturel.

 

- Le choix des menuiseries de fenêtres est lui en aluminium thermolaqué dans un coloris sobre et discret pour une bonne intégration, mais une bonne capacité thermique, mais aussi et surtout une bonne résistance au climat local. L’ensemble des fenêtres est de forme verticale, même si certaines associations de ces dernières permettront de fabriquer de la linéarité de sorte à obtenir un bon apport solaire au Sud et un effet atelier qui répond pleinement au programme.

                                                                                                                                      

- Le fait de créer une surélévation ne devant pas dénaturer le paysage urbain de la rue, même si d’autres bâtiments aux alentours sont en R+1, il a été fait le choix de ne mettre qu’une hauteur de 1,8 m en partie intérieure finit, dans la partie surélévation, au niveau du mur. L’espace créé en surélévation est principalement un espace sous combles. La hauteur choisie sous gouttière provient principalement de l’optimisation des hauteurs intérieures existantes et du fait que le terrain est plus haut en partie arrière. Tout a été fait pour ne pas réaliser un bâtiment trop haut en termes de façade, même si le bâtiment est un peu à l’écart des autres édifices de la rue puisqu’il n’a pas de bâtiment mitoyen. L’idée est aussi de ne pas créer une sensation d’étranglement dans la rue, du fait son étroitesse. 

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