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UN HORIZON SUSPENDU - TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE - TGI  À TOLBIAC

Programme / Typologie : Équipement public, Tribunal de Grande Instance de Paris, T.G.I.
Commanditaire : Établissement Public du Palais de Justice de Paris, E.P.P.J.P.

Organisateur : État Français

Type de commande : Concours ouvert international d’idée
Partenaires : N.C.

Type de mission : Étude – PROJET PRIMÉ
Situation / Lieu : Paris 13
Budget : N.C.
Surface : 100 000 m2 (SDP)
Date : 2007

Projet primé, dans la catégorie étudiante, pour le concours du futur Tribunal de Grande Instance de Paris. La tour comme un repère visuel dans la ville consacré à un équipement public.

Démarche et parti pris

 

Comment est-il possible de s’approprier un site avec une telle densité de construction au sol ? Comment gérer une relation et une continuité entre la partie haute de la dalle et le sol naturel du site ? Comment relier l’ancien XIIIème, constitué de bâti ancien, et le nouveau XIIIème, avec ses constructions nouvelles et rectilignes ? Comment relier cette nouvelle centralité, ce nouveau quartier à ceux qui se trouvent de l’autre coté de la barrière du périphérique ?

 

Voilà quelques-unes des nombreuses questions qui me sont venues à l’esprit en commençant ce projet.

La tour c’est une façon de répondre à la densité du site, une manière de s’intégrer, de s’installer en respectant l’existence de l’urbain passé. Paradoxalement, du fait de sa prégnance, l’intégration d’une tour dans le tissu tridimensionnel, et donc dans le paysage, est d’une grande violence pour le quartier. Mais il me semble que gérer cette violence peut dégager une force incroyable au sein du projet. Sa principale fonction est de donner un repère visuel dans la ville pour cet édifice public parisien de grande importance. La tour est un symbole monumental. Elle sert le bâtiment et vient lui offrir une envergure et une échelle urbaine. Je veux dire par là un édifice à l’échelle de la ville. Cette partie de l’édifice se verrait accueillir les services administratifs du civil qui auraient toute la lumière désirée. Toutefois, il semble important de ne pas écraser l’édifice, le monument, qu’est la Bibliothèque de France. Il ne s’agit pas de créer une concurrence entre les deux. Au contraire, il me semble qu’il faut créer un lien, une relation, une tension, entre ces deux architectures monumentales, voire un équilibre.

Un horizon suspendu génère cette tension, cette relation. Il lie également le haut et le bas de la dalle comme l’ancien et le nouveau XIIIème. Il crée un cadrage urbain et offre une grande superficie privée qui pourrait accueillir par exemple un héliport ou quelques autres équipements sportifs offerts à l’administration du palais de justice. La fonction de cet horizon suspendu est d’accueillir les services administratifs du pénal. La liaison entre ces deux fonctions et ces deux formes se trouvent être la partie collective de l’administration, c’est à dire la cantine, le hall accueillant le public.

Puis, la Halle Freyssinet, ce vaisseau de béton, dont la couverture voûtée se trouve proche du niveau haut de la dalle, se révèle comme un vaisseau ouvert, grâce à sa structure. La Halle est enclavée, enfermée, au milieu des habitations et du ministère des finances. Pour mettre en valeur sa structure et sa légèreté, elle est percée d’une multitude de boîtes. Boîtes ayant la fonction de salle d’audience, prenant des formes variables et multiples en fonction du programme spécifique aux différentes salles d’audience. Elles ont une structure autonome et viennent s’intégrer aux voûtes de la Halle. Elles sont comme en sustentation et possède des hauteurs variables à l’extérieur comme à l’intérieur. Elles ne se rattachent qu’à une coursive de circulation privée offerte à l’administration du tribunal, les accusés arrivant par des ascenseurs ou escaliers liant les boîtes, salles d’audience, au sous sol, secteur sécurisé, la circulation publique se faisant par ascenseur ou escalier, sous ou à côté des boîtes. Une grande partie de la Halle est occupée par la salle des pas perdus et le lieu d’accueil et d’information du public, accompagnés des espaces de rencontre et de réunion. On pourrait aussi imaginer des espaces d’exposition et de rencontre dans le but d’humaniser l’univers attenant à la justice et de la rendre plus proche et plus accessibles aux citoyens. La lumière y pénétrant via les voûtes et les baies vitrées. La lumière provenant du toit des boites, dans les salles d’audience. La lumière provenant de dalle de verre dans le sol de la salle des pas perdus, pour le secteur sécurisé.

 

Les gens entrent dans le bâtiment en partie haute de la dalle, partie recevant une place urbaine, également parvis du palais de justice. Un escalier monumental relie la partie basse de la salle des pas perdus à la partie haute du hall d’accueil public. L’entrée de l’administration se trouve à la base de la tour, en dessous de l’intersection entre l’horizon suspendu et la tour.

La place publique permet de relier les deux bâtiments publics monumentaux, la bibliothèque et le palais de justice, et d’offrir un espace public ouvert, à l’opposé de la salle des pas perdus du tribunal. C’est un lieu symbolique et ouvert à tous très important dans la vie du projet, que les gens vont s’approprier. L’entrée des véhicules se trouve en deux endroits : le premier, public, sous le porche du ministère des finances ; le deuxième, entrée pour le parking sous terrain privée, qui se trouverait au bout de la rue Charcot, près de la passerelle du même nom (accessible également au niveau du parking public, afin que celui-ci puisse avoir deux sorties).

 

Les espaces verts, principalement en pleine terre, entourent le palais de justice et la passerelle Charcot. D’autres naturalisent la dalle, entre les édifices d’habitation. Ces derniers dégringolent sur la partie basse, le sol, telle une coulée verte. Un passage est créé. Une promenade publique comme un fil reliant l’ancien et le nouveau XIIIème, le haut et le bas de la dalle. La frontière est franchie et les rues s’amusent avec la végétation, déclinant au promeneur des allées d’arbres ou des terrasses végétales.

Les espaces verts pénètrent la ville, ces îlots de logement qui représentent une surface de 5 000 mètres carrés, autant sur la rue Chevaleret que sur l’avenue de France. Les rez-de-chaussée proposent en réponse des activités et des services. Du côté du boulevard Vincent Auriol, c’est-à-dire du métro, la place aboutit sur un complexe sportif associé à un square. Entourée de bâti et d’espaces verts, la place est connectée uniquement à la ville par l’avenue de France.

 

Le projet s’est construit autour d’une figure spatiale, sous forme d’une maquette carton. Cette maquette a été réalisée à partir de deux tons forts, le Noir et le Blanc. Ces deux tons ne sont pas issus d’une vision manichéenne de justice mais développés à partir d’une logique de vocabulaire formel, un échange, un langage, qui vient créer des vides et sculpter l’espace. Et ainsi se crée des liaisons fortes entre les différents espaces au sein même du projet.

Le projet s’associe à la Halle, répondant au béton par du béton. Le passé et le présent se comprennent, dans un objectif commun : bâtir la ville. Le projet est homogène et l’horizon suspendu souligne la ville par ce matériau concret, teinté de noir. Ces lignes simples et brutes sont volontairement accidentées par des projections de matériaux contrastés qui créent des événements spatiaux forts, à des points particuliers des traits du bâtiment. Cette nouvelle centralité devient repère et ouvre un tableau différent sur la ville. Finalement, c’est le projet qui s’approprie le site.

Dans l’intériorité du projet, la dualité du béton et du bois symboliserait les tensions entre les différents éléments architecturaux qui se donnent à la ville, et pourrait être une métaphore entre le chaud et le froid, l’organique et le minéral, la nature pénétrant l’œuvre de l’homme.

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